lundi 22 février 2016

L’Amour sur Internet : du masque à la parure


Ces espaces sur Internet où l’on cherche, explicitement, à aimer et, implicitement, à être aimé ont été rétrécit selon les mesures déterminées par ce que l’on a «conçu » pour nous comme «vaines tentatives de définir l’Amour».Entre rechercher l’amour pour satisfaire ses besoins et en être en quête pour la réalisation de soi-même, les espaces du Web, qui sont en effet multiples de sensibilités culturelles et d’appartenances idéologiques, offrent aux internautes une savoureuse illusion de compenser. La compensation en l’espace «virtuelle» peut toujours se transformer en réalisation rentable, est faite autour de ratés et de manques qui constituent uncumule communicationnel de besoins ou de désirs variés, standardisés et refoulés car non réconciliés avec un quotidien vécu «sous masques».

La «durée» -au sens Bergsonien- d’être connecté sur ces espaces virtuels est un je «u» où l’on se défait de ses masques pour les remplacer par des parures naturelles émanant de sa propre intériorité. Elles nous aident à être nous même sur le net et à rattraper ce que les masques, hérités et irritants, nous ont imposé comme limites d’accès aux espaces réels, palpables et «touchables».
Cependant, ces espaces sur Internet où l’on cherche, explicitement, à aimer et, implicitement, à être aimé ont été rétrécit selon les mesures déterminées par ce que l’on a «conçu » pour nous comme «vaines tentatives de définir l’Amour» pour reprendre le titre de l’un des beaux films du cinéaste marocain Hakim Belabbas. Des tentatives sans «sens ni puissance» -selon l’expression de Georges Balandier – car politisées et inferieures à la diversité que nous sommes.
L’apprentissage socialisant et socialisé, (qui forge le «courent et le courant» du contenu banal circulant sur Internet sous pseudo-masques rebelles manquant de contenu organiquement critique), décerné depuis la famille jusqu’à l’école, a toujours constitué l’outil incontournable de cette conception préconçue.
L’amour peut-il exister sans être dans une relation saine et équilibrée entre deux dignités ?
Disant que l’amour est un jardin de fleurs, celui qui n’en sent pas les parfums, ne peut «savoir» (ni savourer) ce que disait Jalal-Eddine Roumi à propos d’un «désir/besoin» que la majorité recherche, tout en le considérant comme pure souffrance et simple perte de temps.
Nous en concluons donc que l’Amour est d’abord un regard puisque l’appréciation du «sentir»commence par la vision. «Regarder» autrui malgré «qu’il est l’enfer» selon Jean-Paul Sartre, est un acte volontaire qui mène à le sentir en tant qu’un alter-ego portant une «parure» faite de désir et non seulement de besoin. La compensation devient dans ce cas consciente puisque «la projection» des angoisses destructives – cumule de ratés et de refoulés – enracinée depuis l’enfance n’oriente plus l’errance de l’internaute sur Internet. Du coup l’illusion savoureuse n’est plus trompeuse car la dignité du moi constitue le phare de cette douce et humaine quête d’Amour sur «inter-net».
Concluons ainsi donc :
-Est Amour au sens structurellement sublime, donc durable et rare, tout acte humain destiné vers l’autre en tant qu’alter-ego.
-Est amour – au sens commun et fondamentalement éphémère et provisoire donc abondant – tout acte destiné vers un ego «masqué» prétextant autrui.
Driss EL KORRI, Ecrivain, professeur de philosophie et de médias

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